
Le rachat de Sun par Oracle menace-t-il réellement l’économie du libre ?
Microsoft et IBM ont été surpris d’apprendre que c’est finalement Oracle qui a mis sur la table les milliards de dollars nécessaires pour racheter Sun Microsystems. L’alliance de ces deux géants n’inquiète d’ailleurs pas seulement les autres géants du secteur des nouvelles technologies, mais également toute la communauté du logiciel libre. En effet, Oracle et Sun, regroupés, s’imposent comme les champions en la matière. Nos confrères de ZDnet sont allés interroger des spécialistes de ce secteur d’activité. Voici quelques unes des réactions les plus marquantes qu’ils ont pu recueillir.
Pour Alexandre Zapolsky (P-DG de Linagora), il ne semble pas y avoir de danger immédiat, même s’il convient de rester méfiant quant à l’approche d’Oracle et son exploitation du "faux libre" : "Oracle peut étrangler la bête ou au contraire maintenir une position plus Premium que Free. Oracle ne remettra vraisemblablement pas en cause l’ouverture de Java. Je ne pense pas non plus qu’une couche applicative comme Geronimo soit menacée par ce rachat. Néanmoins, je ne vois pas Oracle faire du libre au sens européen, mais plutôt favoriser l’approche Freemium".
Quant à Véronique Torner (Présidente d’Alter Way), elle alerte sur la vigilance qu’il faut garder vis-à-vis de ce rachat, puisque des questions se posent sur l’avenir des technologies libres qu’Oracle récupère chez Sun (MySQL, GlassFich, Java, etc.). "Oracle est désormais un contributeur de l’Open Source, même si on ne peut pas pour autant le qualifier d’acteur historique du Libre. Il est difficile de se prononcer à l’heure actuelle sur les conséquences de ce rachat. Nul n’est devin. L’optimisme et le pessimisme sont possibles. Oracle peut considérer des technologies comme GlassFish et MySQL comme concurrentes de ses produits et en freiner le développement" explique-t-elle.
Mathieu CHARTIER
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