
Et Jean-Pierre Corniou, directeur général adjoint de Sia Conseil et ancien DSI de Renault, n’est guère optimiste sur le court terme. « Avec la contraction des budgets en 2009, les effectifs en DSI et SSII vont se réduire, notamment sur les fonctions à faible valeur ajoutée comme l’exploitation, le support ou la maintenance. » Il ne s’attend pas, même si le papy-boom laissait augurer une bouffée d’oxygène, à un remplacement un pour un, lors du départ à la retraite des pionniers de l’informatique.
M to M, Java, Ajax : les nouveaux gisements
Quelques signaux positifs entretiennent néanmoins l’espoir. A l’heure du web 2.0, la refonte des sites web, désormais interconnectés avec le système d’information de l’entreprise, nécessite des spécialistes des technologies Java, Ajax et open source. Le machine to machine (M2M) est, pour Jean-Pierre Corniou, un autre gisement d’emploi. La banalisation des objets communicants exerce une influence directe sur la chaîne de processus dans la logistique, la distribution ou la santé. Pour réaliser cette intégration, il faut des « assembliers du SI ». Enfin, le cloud computing et le Saas n’en sont qu’à leurs balbutiements. « L’informatique du nuage va se démocratiser, estime Jean-Pierre Corniou. On peut imaginer développer en mode Saas des offres pour les PME, des programmes éducatifs pour les écoles. Il faut sortir des géants, Google ou Amazon. N’importe qui peut devenir opérateur Saas sur le territoire. Cela ne représente pas un investissement considérable. »
Directrice associée de KLC Solucom, Sonia Boittin voit, elle, émerger une nouvelle fonction au sein de la DSI : un « M. Mobilité » en charge de la politique de mobilité de l’entreprise, qu’il s’agisse de la cohérence des choix technologiques, du contrôle des coûts ou de la conformité réglementaire. De la même manière, l’emploi d’un gestionnaire du stockage prend toute son importance avec l’accroissement du volume de données, mais aussi de par leur complexité. Il doit avoir une dimension technique et juridique (problématiques d’archivage). Participant à la fois à la réduction des coûts et aux économies d’énergie, la virtualisation et le green IT seront, eux aussi, à l’origine de métiers qui restent encore à définir. Total a d’ores et déjà nommé, en 2008, une responsable du développement durable au sein de sa DSI. Enfin, Sonia Boittin note le retour du « O » dans l’acronyme DSI. Le DSI redevient responsable de l’organisation au sein d’une DOI (direction de l’organisation et de l’informatique) ou d’une Dosi. « Les process sont de plus en plus intégrés au SI. Doté d’une vision transverse, le DSI est légitime pour occuper ce rôle de coordinateur, d’organisateur. »
L’irruption d’un responsable open source
Du côté du monde libre, ça bouge aussi. PDG de Linagora et président de la FNILL (Fédération nationale de l’industrie du logiciel libre), Alexandre Zapolsky voit émerger deux nouveaux profils. Côté prestataire, des ingénieurs participent aux communautés open source, déboguent, compilent, maintiennent à jour leurs compétences en suivant des conférences, en se formant en continu. « Ils sont payés pour contribuer à la vie du logiciel libre, le rêve de tout informaticien ! En se maintenant à l’état de l’art, ces spécialistes pourront intervenir sur les solutions de nos clients. » Autre profil, qui concerne cette fois le côté utilisateur : le ROS, pour responsable open source. A l’instar du RSSI, il conduit la politique open source (sécurité, juridique…) dans les grands comptes. Adjoint au DSI, au même rang qu’un responsable de la production ou d’un risk manager, le ROS est une fonction transverse. Profil à 360°, il travaille en liaison avec le service juridique, les études et la production. Ce poste peut éventuellement être occupé par un ancien directeur de projet.
Christine Peressini, Olivier Discazeaux, Xavier Biseu.
Nadiya SHUR
Chargée de communication
Tél : 0810 251 251
Email : nshur@linagora.com