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L'édition et le secteur privé seront les principaux vecteurs de croissance de Linagora - channelbp

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La priorité 2010 d’Alexandre Zapolsky, le médiatique pdg de Linagora, est de lever des fonds pour développer sa SSLL et bien accompagner la montée en charge des besoins du secteur privé en open source. Il prévoit également de porter ses revenus dans l’édition open source à 60 % de son chiffre d’affaires d’ici fin 2013, contre 40% aujourd’hui. Cependant, pas question pour lui de recourir au modèle anglo-saxon « Freemium », qu’il considère comme du faux open source.

CBP (Channelbp.com) : Quelles sont vos priorités pour 2010 ?

Alexandre Zapolsky, président de la SSLL Linagora : Nous avons été le partenaire de référence du secteur public dans l’open source par le passé, nous serons également celui des acteurs du privé dès 2010. Depuis 2009, Linagora prépare l’accompagnement des nombreuses grandes entreprises privées qui se mettent à l’open source. Du fait de cette initiative, je prévois de réaliser entre 13 et 15 ME de chiffre d’affaires pour 2010…, si la crise ne nous pénalise pas comme en 2009.

Comment la SSLL Linagora a-t-elle traversé 2009 ?

Le chiffre d’affaires 2009 de Linagora est resté identique à celui de l’année passée, de l’ordre de 10 ME, pour un résultat d’exploitation de 600 KE. Dans le contexte économique actuel, c’est une belle performance, d’autant que nous n’avons pas re signé avec certains clients, dont le ministère des Finances.

Envisagez-vous de lever des fonds pour accélérer votre croissance ?

Je suis toujours intéressé par une entrée en bourse avant 2015. Linagora fera évoluer son capital, mais sans le diluer, afin de pouvoir lever des fonds quand nous serons prêts.

Est-il facile de lever des fonds quand on est une SSLL ?

Oui, même si la valorisation d’une société open source du type de Linagora est bien plus faible en France qu’aux Etats-unis, pays où elle atteindrait 10 à 20 fois sa valeur. Ainsi, certains de nos concurrents qui ont levé des fonds en France l’ont fait sur une valorisation inférieure à une fois leur chiffre d’affaires ! Toutefois, le capital risque se mobilise actuellement davantage dans l’open source. Par exemple, Sofinnova vient d’investir dans Open ERP, une société belge qui réalise 800 000 euros de chiffre d’affaires, sur la base d’une valorisation future estimée à 20 ME. C’est un signe positif pour notre industrie.

Les SSLL doivent-elles changer de modèle pour évoluer au même rythme que leurs consœurs SSII ?

Probablement, car vendre du développeur PHP le moins cher possible n’a plus d’intérêt. Ce métier sera de plus en plus dominé par des sociétés de service classiques qui bataillent sur les prix. Linagora a donc évolué ces dernières années de la pure société de service open source vers le métier d’éditeur, activité plus lucrative qui pèse désormais au moins 40 % de notre chiffre d’affaires.

Augmenterez-vous encore la part de l’édition dans votre chiffre d’affaires de Linagora ?

Oui, car je veux que Linagora remonte dans la chaîne de valeur. Ma stratégie est de réaliser 60 % de notre chiffre d’affaires dans l’édition d’ici fin 2013, mais sans diminuer la part du service IT. Je désire également conserver la propriété intellectuelle des logiciels que nous développons et déployons dans Linagora Global Software (LGS).

Quel chiffre d’affaires réalisez-vous déjà avec vos logiciels open source ?

Linagora génère 3 ME avec la messagerie OBM pour environ 6 ME dans le logiciel.

Quelles offres proposez-vous avec Linagora Global Software (LGS) dans l’édition ?

Depuis 2007, Linagora Global Software pousse OBM, une messagerie collaborative utilisée par de nombreux fonctionnaires, puisqu’elle a 50 % de part de marché dans la fonction publique. Cette division déploie aussi LinPKI et LinID, nos deux offres open source maison dans la sécurité et la gestion des identités. Enfin, elle propose à nos clients d’utiliser LinSM, notre offre de supervision des services informatiques.

Envisagez-vous de référencer les offres d’autres éditeurs open source ?

Ma priorite est d’atteindre une taille critique suffisante dans l’édition qui nous permettra de promouvoir nos propres offres dans notre écosystème. Cela dit, je n’exclus pas de référencer si besoin d’autres éditeurs, voire de relancer notre écosystème avec l’Afnil

Comment peut-on gagner beaucoup d’argent avec des logiciels open source dont les licences sont souvent gratuites ?

Il est possible de booster ses revenus issus des logiciels, même si les licences sont gratuites. Il suffit pour cela de vendre des services aux entreprises, tels que des abonnements à la hot line et au support, à raison par exemple de 1,50 euros minimum par an et par utilisateur. Linagora commercialise aussi de l’engagement forfaitaire annuel, en termes de support notamment.

Les SSLL doivent-elles continuer à privilégier le modèle de la gratuité des licences ?

Le modèle anglo-saxon « Freemium », qui est du faux open source, n’est pas promu par Linagora. Ce modèle économique rencontre cependant un certain succès aux Etats-Unis, mais moins en France ou en Europe, pays où cette relation commerciale orientée client-fournisseur peut choquer la communauté open source. C’est la raison pour laquelle nous venons d’arrêter notre partenariat avec l’éditeur Alfresco. Ce modèle « Freemium » est pénalisant pour notre industrie, car il jette le doute sur la nature exacte de l’open source chez les clients, situation qui nous renvoie 10 ans en arrière…

Les SSLL comme Linagora doivent-elles se positionner sur le Saas ou le Cloud ?

Le modèle Saas présente une très grande opportunité pour l’industrie du logiciel libre, car ses promoteurs le construisent sur des bases open source où il n’y a pas vente de licences au sens strict. Quant au Cloud Computing, il n’est pas certain qu’il valorise autant le libre, car les entreprises utiliseront davantage de logiciels en ligne que sur site. Une telle approche pénalisera probablement l’open source, dont le modèle initial est davantage orienté sur une utilisation sur site des licences. Cela dit, tous les éditeurs open source majeurs se préparent à accueillir ces évolutions.

Contact :

Guillaume DEGROISSE
Responsable Communication et Marketing Groupe
Tél : 0810 251 251
Email : gdegroisse@linagora.com

Nadiya SHUR
Chargée de communication
Tél : 0810 251 251
Email : nshur@linagora.com



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